lundi 1 mai 2017

Dividend Aristorats ?

Des dividendes en veux tu en voilà

bourse actions diviendesAlors que dans le contexte actuel des élections françaises, les dividendes ne sont pas très aimés.

Chez les investisseurs, en ce moment, les stratégies Dividends Aristocrats et autres Dividend Growth  font fureur.


Je vais maintenant jeter un coup d’œil sur les stratégies axées sur le choix de titres à haut dividendes.

Le contexte

L'engouement pour les dividendes est un engouement par défaut. Alors que les années 80 offraient aux investisseurs des livrets A à des taux de plus de  9%  (avec l'inflation qui va avec il est vrai), les taux de rémunération sont tombés à 0% et ceux de l'assurance vie à peine à plus de 2%. Au même moment, la valeur de l'indice CAC 40 n'a jamais atteint les niveaux d'avant la crise, offrant des rendements très limités aux investisseurs.

Alors que tous les sources de rendement se sont épuisés, les investisseurs se tournent naturellement vers les dividendes, qui lors des décennies précédentes n'avait pas pesé dans leur choix.

Dans ce contexte, les investisseurs ont tendance à percevoir les dividendes comme un revenu sûr. Mais rappelons, que les dividendes sont aussi liés aux cycles économiques que les actions, ils en portent les mêmes risques. Les portefeuilles orienté dividendes ne sont pas moins risqués que les portefeuilles de marché.

Surtout, l'attraction pour les dividendes commence à être un problème en soi. En effet, suite à la ruée des actionnaires vers les dividendes, les valorisations de ces titres sont parties en sucette

Les dividendes ne sont pas gratuits...


Si les dividendes paraissent aussi attrayants, c'est que il 'est pas immédiatement perçu que les distributions de dividendes se font au détriment de la valeur des titres. Pour tout dividende versé, c'est une partie des bénéfices qui n'est pas utilisée pour développer l'activité de l'entreprise. Et en conséquence, pour 1€ de dividende perçu, le titre doit dévisser de 1 €

Qui plus est, la perception des investisseurs est que les dividendes sont stables dans le temps, or rien n'est moins vrai, une entreprise en difficulté ne va pas maintenir son dividende...

Suivant le raisonnement développé par Hartzmark & Solomon en 2016,  si deux titres voient leur prix passer de 5€ à 6€ mais que le second arrive à 6€ en passant d'abord par 7€ puis en versant un dividende de 1€,  l'investisseur qui ne voit que les fluctuations de prix pensera que les deux titres sont équivalents, tandis que l'investisseur qui ne voit que les dividendes considérera que les 1€ de dividende sont un cadeau sans contrepartie.

Les auteurs parlent de 'free dividend fallacy' (en français: mythe des dividendes gratuits).

En allant plus loin, les auteurs notent que les investisseurs institutionnels ou particulier ne réinvestissent quasiment jamais les dividendes dans les titres émetteurs. De sorte que les jours ou beaucoup de versements de  dividendes ont lieu, les titres n'en versant pas sont avantagés.

En tout les auteurs estiment que les investisseurs misant sur les dividendes perdent entre 2 et 4% de rendement annuel dans cet exercice:

Hartzmark & Solomon 2016 dividend fallacy
Et ils ne sont pas les seuls loin de la à pointer ce coût disproportionné des dividendes. Un auteur que j'apprécie particulièrement, Meb Faber, en a fait un de ses sujets favoris. Il estime lui à 3% la perte annuelle associée à une sur-pondération des dividendes.

Les dividendes: des stratégies pas si attractives que ça sur le long terme


Comme pointé par Meb Faber, une stratégie Dividende n'est pas fondamentalement différente d'une stratégie Value.
Mais, pour les raisons comportementales citées plus haut, les dividendes aristocrates sont chers, et leur rendement sont inférieurs au simples stratégies Value. Et ce avant impôt.

Après impôt cette perte pourrait s'élever à 4.5% suivant le degré d'imposition.


 

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