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samedi 2 mars 2013

Annonce immobiliéres: on a parfois des surprises...

Clichy-sous-bois chêne pointu
Aujourd'hui j'étais de passage sur le site le bon coin et je tombes sur cette annonce immobilière-ci:

Vend un appartement F3 au 2e étage à clichy sous bois 57m2, + place de parking. Le batiment est situé près de la poste, à 2minutes des arret de bus 601 et 602. L'appartement a été refais à neuf.
Je souhaite vendre cet appartement à des personnes qui ont le projet de louer, car il y a un locataire actuellement il est très serieux (loyer 820€/mois) 
  
Je suis d'abord un peu surpris, le prix affiché est 70 000 euros, ce qui donne une rentabilité brute tout à fais inhabituelle en région parisienne de 14%. 

L'annonce est à Clichy-Sous-Bois. Je ne connais pas cette ville, son nom m'est familier, mais je n'arrive pas à le situer. Je vérifie d'abord sur la carte ou elle se trouve. Il y a deux Clichy, le premier est relativement proche de Paris, le deuxième est très loin à l'ouest.

Je me dis que le prix affiché est certainement dépendant de l'éloignement du bien de Paris, mais le prix est quand même surprenant. Et c'est la que je me rappelle un article du monde, lu il y a longtemps...

 

Une bien triste histoire

Les copropriétés du Chêne Pointu de Clichy-Sous-Bois ont été construites dans les années 60. A cette époque, ces nouveaux logements sont jugés attrayants par une population modeste et travailleuse composée d'ouvriers, d'artisans et de retraités.

Dans un premier temps, la vie s'écoule paisiblement au Chêne Pointu. Mais avec le temps les bâtiments vieillissent et nécessitent un entretien de plus en plus couteux. Par ailleurs, les standards de construction des années 60 ne sont pas à la hauteur de ceux d'aujourd'hui, et les charges de chauffage sont donc élevées. Qui plus est, la copropriété du chêne pointu est parmi la plus vaste d’Europe avec plus de 1522 logements. Or, l'expérience montre que plus les copropriétés sont vastes, plus les charges associées sont hautes. Et ce n'est pas tout...

Dans la même foulée, la population de Clichy-Sous-Bois se paupérise fortement, avec de la délinquance, du chômage, de la violence et du désœuvrement.  En Octobre 2005, la mort accidentelle de deux jeunes dans un local électrique entraîne plusieurs nuits de violences qui seront connues comme les émeutes de 2005.

Clichy-Sous-bois passe sous le feu des projecteurs, les habitants sont stigmatisés, ils fuient cette violence, et laisse la place aux plus démunis...


Les chiffres et les vautours

Alors que la population se paupérise, les charges augmentent, rapidement, les propriétaires ne sont plus en mesure de payer leur charges, pas plus que les locataires sont en mesure de payer leur loyers. Les charges s’élèvent désormais à plus de 4500 euros par an pour un trois piéce de 68 m2.

On menace de couper l'eau, ou l’électricité, les ascenseurs ne sont plus en état de fonctionnement. Les logements sont saisis par la justice et revendus. Des marchands de sommeil s'installent. Ils ne paierons pas non plus leur charges... (mais que fait la police ?)

Désormais, il est possible d'acheter un F3 au chêne-pointu pour 44000 euros, moins de 1000 euros le mètre carré. 

Les habitants luttent vivement pour l'assistance de la ville et de l'état, un plan de sauvegarde est mis en place en 2010. Saluons les efforts des résidents, il leur faut bien du courage pour lutter contre l'appauvrissement de leur quartier.

Et moi dans tout ça

Si je compatis au sort injuste des habitants de Clichy-Sous-Bois, il n'est bien sûr pas question d'y investir.

L'annonce est rédigée en mauvaise foi, elle occulte la situation exacte du logement et peut-être considérée comme mensongère. Personne ne paye 820 euros pour se loger dans un immeuble en déshérence, et la pauvreté des locataires interdit que des conditions de ressources soient imposées. L'annonce aurait faire mention du plan de sauvegarde et de la hauteur des charges.

Clairement, le propriétaire est désespéré de vendre, ou alors il est foncièrement malhonnête. Dans les deux cas, il s'agit d'un placement trop risqué, qu'il faut laisser aux pouvoirs publics de démêler.

Pour clore ce post, j'ajouterai que les habitants du Chêne Pointu, se sont regroupés au sein d'une association (voir les vidéos).

 

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