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samedi 29 septembre 2012

Mitt Romney - Barack Obama : Une élection US qui se fera sur les programmes économiques

USA-Mitt Romney

Des élections US de haut niveau


Depuis plusieurs années, je suis assez fasciné par les élections américaines. Ce sont des élections vicieuses avec beaucoup de coup bas, d'attaques obliques, et ce sont toujours de superbes show à l'américaine.

Mais derrière le spectacle, il y a aussi un débat d'idée qui se cristallise dans l'opposition entre les démocrates et les républicains. D'un coté les démocrates de Barack Obama, qui rallient les gays, les minorités, les défavorisés et les artistes. De l'autre les républicains qui représente les valeurs morales chrétiennes, le culte de la réussite et de l'argent, la défense de l'industrie et des petits cols bleus blancs de l'Alabama, de l'Ohio et du Wisconsin.

Mais derrière ces valeurs, il y aussi un autre débat, c'est celui du rôle que doit jouer l'état. Les républicains sont foncièrement libéraux, contre la régulation de l'état, pour la dérégulation financière, pour le fédéralisme et le maintien des spécificité locales. Les démocrates veulent un état puissant, un welfare state, qui redistribue les richesses et combat l’égoïsme individuel.

Ce clivage entre les démocrates et les républicains sur le rôle que dois jouer l'état est central pour les éléctions de cette année. Car les débats se focalisent sur ces aspects: contrôle des armes, régulation du marchés, politique de santé (Obamacare/Romneycare/Ryancare), contrôle de la dette publique.

Le débat sur le rôle de l'état se résume à une expression simple: d'un coté les républicains qui sont pour un rôle de l'état réduit, sont les partisans du small sovernment, de l'autre les démocrate pour l'état providence, ou big government.


Coca cola, hamburgers et taxes à gogo

Obama sleeping
Comme Obama, les discussions sur la fiscalité à venir vont vous assomer!
Or, pour avoir un big government, il faut collecter beaucoup d'impôts. Et c'est la que le débat devient plus concret. Les démocrates veulent augmenter les prélèvements, tandis que les républicains veulent les baisser.

Pour les républicains, les taxes nuisent à l'économie. Elle lui nuisent de 3 façons:
  1. En prélevant des impôts, l'état diminue la capacité d'investissement du secteur privé.
  2. Plus le taux d'imposition est fort, et plus les investisseurs privés sont détournés de l'économie. Pourquoi investir si l'état prends tout.
  3. L'argent prélevé par les impôts, est utilisé pour entretenir une population d'assistés, d'allocataires, de chômeurs et de profiteurs du système qui ne contribuent pas à l'économie des Etats-Unis.
Récemment, sur ce sujet, Mitt Romney s'est distingué par des propos en Off, donné à un diner de soutien (fund-raiser) assimilant 47% de la population américaine à des assistés. Scandale chez les retraités, car eux aussi ne paient pas leur impôts sur le revenu !

De l'autre coté, la gauche américaine, elle est en faveur d'une augmentation des taxes. Ses arguments:
  1. Les taxes prélevée permettent de soutenir l'économie par l'intervention étatique, c'est une approche keynésienne. Ces taxes sont ré-injéctés dans l'économie la ou il le faut.
  2. Les taxes permettent de redistribuer les richesses.
  3. La population souffre de la crise, il faut assister les défavorisés américains pour leur permettre de tenir cette période difficile. Soutenir l'emploi.
A noter, que cette augmentation des taxes ne correspond pas à une vision keynésienne pure. En effet, selon l’orthodoxie keynésienne, la politique fiscale doit-être contra-cyclique. Quand l'économie est en boom, il faut augmenter les impôts,  quand elle s’effondre, il faut alléger la charge fiscale.

Nous avons le même débat en France,bien sur, mais les chiffres ne sont pas du tout les mêmes. Par exemple, le candidat Mitt Romney, ancien cadre chez Bain Capital et richissime, n'a payé que 13.9% d'impôts sur les 15 dernières années. A titre de comparaison, un américain moyen paye un taux d'imposition moyen de 27% ! On est loin des 75% de taxe pour bernard arnault.

Ce que disent les économistes


Les implications politiques des études sur l'impact fiscal, et l’extrême polarisation des économistes ne favorise pas la reflexion. De nouveau travaux sont par exemple imprégnés d'idéologie ou utilisés à des fins politiques. Les résultats sont fondamentalement divergents.

Prenons le cas de l'étude de Christina Romer sur les effets macro-économique du taux de prélévement, elle conclut qu'une augmentation de 1% de PIB génère une baisse correspondante de 3% du GDP. Cette étude à un approche méthodologique intéréssante: 
  1. Au lieu de regarder le taux marginal d'imposition maximal sur le revenu, l'étude intégre aussi les taxes sur le capital et la fiscalité des sociétés.
  2. L'étude effectue une sélection des changement de taxes pour distinguer ceux qui sont exogènes, c'est à dire non corrélés à d'autres évenements et se concentre sur ceux-ci.

Prenons maintenant, l'étude de Thomas L. Hungerford pour le Congress Research Service, sur l'impact de l'évolution du taux marginal maximal d'imposition sur l'économie américaine. Ici, l'étude ne trouve pas de relation entre le TMM et l'état de l'économie, mais souligne que le taux d'imposition est positivement corrélé aux inégalités de la société américaine. Une autre étude du CRS, ne trouve aucune corrélation entre le TMM et le taux de chômage.

Les médias se sont emparés de cette discussion académique, et ont pondu des articles tout aussi divergents que les études initiales, par exemple cet article, ou celui-ci issu d'un groupe républicain, et bien sur cet article du NewYorkTimes.

Les camps républicains et démocrates se sont aussi bien sur saisis de ces études pour leur campagne...


Conclusion

J’espère que cet article contribuera à votre réflexion. Comment penser une politique fiscale? Est-ce que les augmentations d'impôts voulues par Francois Hollande vont avoir un impact sur l'économie française  ?  Faut-il augmenter les impôts ou les réduire ?

Vous en pensez quoi ?

 






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