baniere

vendredi 6 juillet 2012

Les actions risquées rapportent moins!

Les actions volatiles en question.


Je vous propose de passer en revue un papier de recherche publié en avril 2012 par Nardin L. Baker et Robert A. Haugen et intitulé "Low Risk Stocks Outperform within All Observable Markets of the World."

Cet article de recherche est de manière assez surprenante plutôt polémique car il remet en cause un dogme fondamental de la finance moderne: le CAPM ou Capital Asset Pricing Model.


Le CAPM repose sur un postulat très simple, celui que les investisseurs ne sont sensibles qu'a l'espérance de rendement d'un placement et à son écart-type. L'écart type est une mesure de la volatilité d'un cours. Cette volatilité est considérée elle-même comme une mesure du risque associé à un placement. Selon le CAPM, les investisseurs sont rationnels, et favorisent les placements d’espérance de rendement maximum et de volatilité minimum (couple risque/rendement). 

Il en découle que si un placement à une volatilité haute, Il devrait avoir un rendement haut pour compenser le risque pris par l'investisseur. Or, les actions, et même les obligations, de haute volatilité, ont un rendement en réalité plus bas que les actions moins volatiles.

Pour l'investisseur, cette constatation a une application simple: préférez les actions de moindre volatilité. Si les cours d'une action fluctuent de manière importante, passez votre chemin, le retour sur investissement ne sera pas à la hauteur.


Application à la gestion d'actif.


Les auteurs de cet étude vont plus loin et pointent le fait que, dans leur ensemble, les investisseurs institutionnels et notamment les gestionnaires de fonds (OPCVM) favorisent les actifs les plus volatils. Or, ces actifs étant moins rentables que les actifs sans risques, la démarche des gestionnaires d'actifs ne semble pas faire sens.

Pour expliquer cet apparent paradoxe, les auteurs étudient la rémunération des gestionnaire d'actifs. Ils produisent ce graphe:

 Ils théorisent que si les gestionnaires d'actifs sont tellement attirés par les actifs volatils, c'est parce que leur rémunération est plus haute pour les portefeuilles risqués que pour les portefeuilles stables. Dans le cas d'un portefeuille stable, leur chance de toucher le jackpot est plus basse, même si le client, lui, a tout intérêt à ce que la volatilité du portefeuille soit réduite.

Il s'agit une fois de plus d'une attaque très argumentée contre la gestion active des fonds, et devrait inciter encore une fois les investisseurs à se tourner vers la gestion passives (trackers, ETF).

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