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dimanche 10 juin 2012

Buy & Hold

bourse, buy&hold

Comment investir en bourse ?

Richard Shaw a publié un long article très documenté sur Seeking Alpha pour exposer ses critiques sur le Buy & Hold. Je vous invite à le lire, c'est un discussion très compléte sur ce concept centenaire.

Dans un premier temps, je pense qu'il n'est pas forcément inutile de faire un rappel sur l'argumentaire menant au maintien de la recommandation du Buy & Hold par la grande majorité des brokers de la place américaine.

Peut-on prédire les évolutions du marché?




Dés la mise en place des premiers marchés, les investisseurs ont essayé de prédire si ils étaient à la hausse ou à la baisse. 


C'est de première importance lorsqu'on s'engage sur un contrat à terme sur des produits agricole. Pour un fermier souhaitant vendre sa future récolte, il est primordial de pouvoir prédire, quel sera la qualité de la récolte, quelles seront les quantité produites, quel sera la demande, pour déterminer le prix de vente maintenant, d'une récolte disponible dans 6 mois.

Pareillement pour les actions, il est primordial de pouvoir prédire l'évolution des cours. Mais il demeure largement impossible de faire des prédictions, qu'elle soient sur le court terme ou sur le long terme. 

Tout d abord, les prédictions de marché des analystes se heurtent à un premier paradoxe, a savoir que les grands événements et les cataclysmes, comme l'explosion de la centrale de Fukushima, ou l'attentat sur les Twin Towers, ont un impact majeur sur les marchés actions. Pour que les prédictions des analystes soient solides, elles devraient intégrer l'incidence de ces événements extérieurs... Or personne ne prétends pouvoir le faire.

Ensuite, les analystes techniques se basent sur les cours passés, pour prédire les cours futurs. Or le futur, par définition,n'est pas l'éternelle reproduction du passé...

Enfin, l'observation a montré que très peu d'intervenants sont capables d'anticiper le marché. En anglais, on appelle cette capacité le market timing. Or, de nombreuses études ont montré que les investisseurs dans leur ensemble ont des résultats négatifs quand ils s'engagent dans du market timing.

Je me suis déjà exprimé sur le sujet des investisseurs individuels. Pour ce qui est des gestionnaires d'actifs, les travaux de John Bogle , Burton Malkiel & Fama ont montré que les 3/4 des gestionnaires d'actifs ne sont pas capable de faire mieux que leur indice de référence. Ce qui  sous-entends une globale inaptitude au market timing.

Si les professionnels ne peuvent pas prédire les marchés, pourquoi les particuliers le pourrait-il ? C'est pourquoi on recommande aux investisseurs individuels de ne pas tenter de prédire les marchés. Il est recommandé d'acheter des titres et de les laisser dans leur portefeuille très longtemps. Sur le très long terme, cette stratégie s’avère payante.

D'autres études ont montré que les investisseurs qui sur-performaient leur index, ne le faisait pas grâce à leur market timing, mais grâce à leur qualité de stock picking. Mais je parlerai de ces résultats dans un prochain post...

L'allocation stratégique: Ca ressemble à du market timing mais ce n'est pas du market timing.


Richard Shaw, tout en étant globalement sceptique du market timing, préfère parler d'allocation d'actifs: Il ne s'agit pas de prédire le marché, mais régulièrement de rééquilibrer son portefeuille pour prendre en compte l’évolution de cours. Par exemple, si les actions ont baissé de 20 %, ré-allouer une partie de ces actions vers des obligations. Ce type de stratégie peut-être implémentée de manière automatisée grâce à des algorithme se basant sur des moving averages, des moyennes mobiles... Mais la encore ce type de stratégie fera l'objet d'un prochain post...

Par contre, l'article évoque le fait que les investisseurs, suivant leur âge, ne sont pas tous dans la même situation. Les  trentenaires et les quarantenaires sont une phase d'accumulation de richesse, tandis que pour des investisseurs plus âgés, il s'agit plus de protéger leur capital. Nous allons nous pencher sur la question des investisseurs de notre première catégorie.

Dollar Cost Averaging.


Dans la phase d'accumulation de capital, les jeunes investisseurs utilisent leur revenus pour se créer un capital. Ce capital doit pouvoir servir dans des objectifs de prévoyance (accidents, maladies, enfants, mariages) et dans l'anticipation de leur retraite. Dans cette phase, les sommes mis en jeu peuvent être conservée longtemps, et le niveau de risque et de levier recommandé est important.

La technique a mettre en place dans cette phase est celle du dollar cost averaging: acheter régulièrement une part fixe tout les mois de ses revenus pour les placer en action. Cette approche est opposée au lump sum investing, qui consiste à tout miser à un instant donné.

Si le marché est haussier, le lump sum investing est plus gagnant que le dollar cost averaging. Si le marché est baissier, c'est le dollar cost averaging qui l'emporte. Avec le dollar cost averaging, les investissement fait au plus haut sont compensés par ceux fait au plus bas.

Clairement, si l'on arrive à prédire quel est le point le plus bas d'un marché, le lump sum donne systématiquement le meilleur résultat. Par contre, le dollar cost averaging promet, que le marché soit à la baisse ou à la hausse, un rendement moyen sans que l'on ait à prédire le marché.

Seul nécessité ? Rester  longtemps sur les marchés car cette stratégie requiert que l'on soit dans plusieurs cycles de marché avant qu'elle ne porte ses fruits.


Revenons au Buy & Hold


Buy & Hold: On constitue un portefeuille de titres pour lesquels on estime que leur perspective sur le long terme sont bonnes, et on n’effectue pas d'opération de ventes, jusqu’à une échéance donnée, lointaine dans le future, ou on liquidera ce portefeuille.

Première remarque, cette approche fonctionne bien avec le dollar cost averaging quand le portefeuille est encore en train de se former. Mais elle est inadaptée quand le premier objectif devient de protéger son capital à l'approche de la retraite.

Dans ce cas, le Buy& Hold est trop risqué, car on pourrait se trouver amené à liquider son portefeuille, l'age de la retraite se rapprochant, au creux d'une crise, au plus bas. C'est pourquoi pour les capitaux déjà formés, il est conseillé d'avoir une allocation stratégique. Cet allocation stratégique n'a pas pour objet d'anticiper les évolutions du marché, mais de protéger le capital des retraités. A partir de 70 ans, il est conseillé de n'avoir qu'une petite partie de ses biens en actions, et de détourner ses actifs vers les obligations, l'assurance vie, ou l'immobilier de rendement.

Deuxième remarque, le buy&hold constitue une garde-fou. En favorisant une approche long terme, il empêche, si l'on s'y tiens, les investisseurs de succomber à la panique, il réduit les aller-retours, et donc réduit les frais de transactions. Il s'agit aussi d'établir une certaine sérénité sur les marché et de ne pas courir tout vendre, dès que la baisse commence.

Le Buy&Hold est souvent à tort perçu comme une recommandation à rester 100% investi dans les marchés actions quoiqu'il arrive... Or, clairement, cette position, ne peut satisfaire tout le monde, et il faut rappeler cet adage bien connu: Il ne faut miser dans les actions que les sommes dont on a pas besoin dans les années à venir.

Un de mes collègues à sérieusement pâtit de l'imbécilité d'un conseillé bancaire à l'époque du boom internet. A cette époque, il venait de souscrire un prêt étudiant de 100k francs. Sur les conseils de son banquier, il avait placé cet argent sur un fonds action proposé par la banque. Le conseiller avait argué qu'il aurait été dommage que cet argent ne soit pas placé, et 'ne rapporte rien'. En 2001, les marchés ayant subi un revers retentissant, mon jeune collègue s'est précipité d'appeler son banquier pour tout vendre, ledit banquier restant injoignable pendant trois jours... Cette anecdote sert à illustrer, un point important, Buy&Hold ou pas, l'argent placé en actions doit l'être sur le long terme.

Enfin, pour clore ce post, il faut insister sur le fait que de nombreuses stratégies se révèlent bien inférieure au buy&hold, tout en nécessitant beaucoup plus d’efforts. (ou ici).

Je ferai bientôt un post sur les stratégies identifiées comme battant le Buy&Hold.






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